Soupe au cari vert, au coco et au poulet

Soupe au cari vert, au coco et au poulet

La soupe au cari vert, au coco et au poulet s’impose comme l’une des préparations les plus emblématiques de la cuisine thaïlandaise contemporaine. Ce plat réconforte autant qu’il surprend par sa capacité à marier harmonieusement des saveurs apparemment contradictoires : le piquant du cari vert, la douceur onctueuse du lait de coco, la fraîcheur aromatique du basilic thaï et la tendreté du poulet. Dans les rues de Bangkok comme dans les restaurants étoilés de Paris, cette soupe-curry fascine par sa complexité aromatique et sa relative simplicité d’exécution. Contrairement aux idées reçues, cette recette ne nécessite pas des heures de préparation ni des ingrédients impossibles à trouver. Avec quelques produits bien choisis et une attention particulière portée à l’équilibre des saveurs, vous transformerez votre cuisine en véritable voyage gustatif vers l’Asie du Sud-Est. Cette version pour quatre personnes privilégie l’authenticité tout en s’adaptant aux contraintes du quotidien français.

20

30

facile

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparation du poulet

Commencez par découper les blancs de poulet en morceaux réguliers d’environ trois centimètres. Cette taille permet une cuisson homogène et facilite la dégustation à la cuillère. Réservez la viande dans un récipient propre pendant que vous préparez la base aromatique de votre soupe. Cette étape de découpe minutieuse garantit que chaque bouchée offrira la même texture tendre.

2. Préparation des légumes

Égouttez soigneusement les aubergines thaïes et les pousses de bambou en conserve. Rincez-les sous l’eau froide pour éliminer l’excédent de saumure qui pourrait déséquilibrer le goût final de votre préparation. Coupez les aubergines en quartiers si elles sont entières. Cette attention portée au rinçage des conserves fait toute la différence dans l’équilibre gustatif du plat.

3. Activation de la pâte de cari

Faites chauffer l’huile végétale dans votre wok à feu moyen. Ajoutez la pâte de cari vert et faites-la revenir pendant deux minutes en remuant constamment. Cette étape s’appelle faire chanter le cari, expression qui désigne le moment où les arômes se libèrent et où la pâte commence à embaumer votre cuisine. Vous remarquerez que la couleur s’intensifie et que l’odeur devient plus prononcée. Ne précipitez pas cette étape fondamentale qui développe toute la profondeur aromatique de votre soupe.

4. Incorporation du lait de coco

Versez progressivement la moitié du lait de coco dans le wok tout en mélangeant vigoureusement. Cette technique permet d’émulsionner action de mélanger intimement deux liquides qui ne se mélangent pas naturellement la matière grasse du coco avec la pâte de cari. Laissez mijoter trois minutes jusqu’à ce que des petites bulles d’huile apparaissent à la surface, signe que l’émulsion est réussie. Cette huile rouge-orangée qui remonte témoigne de la bonne extraction des arômes du cari.

5. Cuisson du poulet

Ajoutez les morceaux de poulet dans le mélange onctueux. Mélangez délicatement pour bien enrober chaque morceau de cette sauce parfumée. Laissez cuire pendant cinq minutes à feu moyen en remuant régulièrement. Le poulet doit commencer à blanchir sans être complètement cuit, car il continuera sa cuisson dans le bouillon. Cette cuisson progressive garantit une viande moelleuse qui ne se dessèche pas.

6. Ajout du bouillon et des aromates

Versez le bouillon de volaille et le reste du lait de coco dans le wok. Incorporez les feuilles de citronnier kaffir, la citronnelle séchée et le galanga en poudre. Ces aromates constituent la trinité aromatique de la cuisine thaïlandaise et apportent cette fraîcheur citronnée si caractéristique. Portez à frémissement puis réduisez le feu pour maintenir une cuisson douce. Le frémissement désigne une cuisson où de petites bulles éclatent régulièrement à la surface sans atteindre l’ébullition violente.

7. Assaisonnement et équilibrage

Ajoutez la sauce de poisson et le sucre de palme. Ces deux ingrédients travaillent en synergie pour créer l’équilibre salé-sucré typique de la gastronomie thaïlandaise. Goûtez et ajustez selon votre préférence personnelle. La sauce de poisson apporte l’umami cette cinquième saveur qui évoque le goût savoureux et profond tandis que le sucre adoucit le piquant du cari. Laissez mijoter dix minutes à feu doux.

8. Incorporation des légumes

Ajoutez les aubergines égouttées et les pousses de bambou dans la soupe. Poursuivez la cuisson pendant cinq minutes supplémentaires. Les aubergines thaïes absorbent merveilleusement les saveurs du bouillon tout en conservant une texture légèrement croquante. Les pousses de bambou apportent quant à elles ce contraste textural si recherché dans la cuisine asiatique.

9. Finition aromatique

Juste avant de servir, incorporez le basilic thaï séché en l’émiettant entre vos doigts pour libérer ses huiles essentielles. Mélangez délicatement et retirez du feu. Cette dernière touche aromatique doit intervenir hors du feu pour préserver les notes anisées du basilic qui s’évaporeraient avec une cuisson prolongée. Laissez reposer deux minutes avant de servir pour permettre aux saveurs de s’harmoniser parfaitement.

Camille

Mon astuce de chef

Pour intensifier la saveur de votre soupe, préparez-la quelques heures à l’avance et réchauffez-la doucement avant le service. Comme beaucoup de plats mijotés, cette soupe gagne en profondeur aromatique après un temps de repos qui permet aux épices de mieux infuser. Si vous trouvez la soupe trop piquante, ajoutez progressivement du lait de coco supplémentaire plutôt que de l’eau, ce qui préservera l’onctuosité sans diluer les saveurs. Pour une version encore plus authentique, vous pouvez ajouter une cuillère à café de pâte de crevettes lors de l’activation du cari, bien que cet ingrédient soit optionnel et réservé aux palais aventureux.

Accords mets-vins pour une soupe exotique

Cette soupe au cari vert présente un défi intéressant pour les accords mets-vins en raison de sa richesse aromatique et de son piquant prononcé. Un Gewurztraminer d’Alsace légèrement sucré constitue un choix judicieux grâce à ses arômes de litchi et de rose qui dialoguent harmonieusement avec les notes florales du basilic thaï. Sa douceur tempère également le feu du cari vert.

Pour les amateurs de vins secs, un Riesling avec une belle acidité rafraîchira le palais entre chaque bouchée tout en résistant aux saveurs intenses du plat. Sa minéralité apporte un contraste bienvenu à l’onctuosité du lait de coco.

Les puristes de la tradition thaïlandaise opteront plutôt pour une bière blonde légère de type lager, dont l’effervescence nettoie le palais et dont la simplicité aromatique laisse le plat s’exprimer pleinement. Une bière thaïlandaise comme la Singha renforce l’authenticité de l’expérience.

L’info en plus

Le cari vert thaïlandais, appelé gaeng keow wan en langue thaïe, trouve ses origines dans la cuisine de cour du royaume de Siam au début du XXe siècle. Contrairement aux caris rouges et jaunes qui existaient déjà dans la tradition culinaire thaïlandaise, le cari vert représente une innovation relativement récente, probablement développée sous l’influence des échanges commerciaux avec l’Inde et la Birmanie.

La couleur verte caractéristique provient des piments verts frais utilisés dans la pâte traditionnelle, auxquels s’ajoutent des herbes fraîches comme la coriandre et le basilic thaï. Cette teinte vibrante symbolise la fraîcheur et la vitalité dans la gastronomie thaïlandaise, où la présentation visuelle revêt une importance capitale.

Initialement réservé aux tables aristocratiques de Bangkok, ce plat s’est progressivement démocratisé pour devenir l’un des ambassadeurs de la cuisine thaïlandaise dans le monde entier. Chaque région de Thaïlande propose sa propre interprétation, certaines privilégiant une version plus liquide proche d’une soupe, d’autres une consistance plus épaisse rappelant un curry indien.

Le lait de coco, ingrédient central de cette préparation, illustre parfaitement l’ingéniosité culinaire thaïlandaise qui transforme un fruit tropical en base crémeuse sans recourir aux produits laitiers, inexistants dans la cuisine traditionnelle du Sud-Est asiatique.

Imprimer