La recette des Beignets de carnaval de ma grand-mère

La recette des Beignets de carnaval de ma grand-mère

Dans les cuisines familiales, certaines recettes traversent les générations comme de précieux héritages culinaires. Les beignets de carnaval de ma grand-mère incarnent parfaitement cette transmission gourmande qui rythme les festivités de début d’année. Chaque mardi gras, l’odeur enivrante de pâte frite embaumait sa maison, annonçant l’arrivée de ces petites merveilles dorées et sucrées.

Cette recette traditionnelle, conservée jalousement dans un carnet écorné aux pages jaunies, représente bien plus qu’une simple préparation pâtissière. Elle symbolise la convivialité, le partage et ces moments suspendus où toute la famille se réunissait autour du plan de travail pour façonner, frire et déguster ces gourmandises croustillantes. Contrairement aux versions industrielles, ces beignets maison révèlent une texture incomparable, légère à l’intérieur et délicatement croustillante à l’extérieur.

La technique transmise par ma grand-mère repose sur quelques secrets bien gardés : une pâte suffisamment reposée pour développer sa souplesse, une température d’huile parfaitement maîtrisée, et cette patience bienveillante qui transforme des ingrédients simples en souvenirs impérissables. Préparez-vous à redécouvrir l’authenticité d’une recette familiale qui ravira petits et grands.

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer la levure

Commencez par tiédir légèrement le lait dans une petite casserole, sans le faire bouillir. Il doit atteindre environ 37 degrés, soit la température du corps humain. Versez ce lait tiède dans un petit bol et ajoutez-y la levure de boulanger déshydratée avec une cuillère à café de sucre prélevée sur les 50 grammes. Mélangez délicatement et laissez reposer cette préparation pendant 10 minutes. Vous observerez la formation de petites bulles à la surface, signe que votre levure est bien active et prête à faire gonfler la pâte.

2. Réaliser la pâte à beignets

Dans un grand saladier ou dans la cuve de votre robot pâtissier, versez la farine tamisée (passée au tamis pour éliminer les grumeaux et aérer la poudre). Creusez un puits au centre et ajoutez les œufs entiers, le reste du sucre, le sel, le beurre préalablement fondu et refroidi, le rhum ambré ainsi que le zeste de citron finement râpé. Versez ensuite le mélange de lait et levure. Pétrissez énergiquement pendant environ 10 minutes à la main ou 5 minutes au robot avec le crochet pétrisseur. La pâte doit devenir lisse, souple et légèrement élastique. Elle peut sembler un peu collante, c’est parfaitement normal.

3. Laisser lever la pâte

Formez une boule avec votre pâte et déposez-la dans un saladier légèrement huilé. Couvrez d’un torchon propre et humide ou d’un film alimentaire. Placez le tout dans un endroit tiède, à l’abri des courants d’air, comme près d’un radiateur ou dans un four éteint avec la lumière allumée. Laissez reposer pendant 1 heure 30 à 2 heures. La pâte doit doubler de volume. Cette étape de fermentation (transformation des sucres par la levure qui produit du gaz carbonique) est cruciale pour obtenir des beignets moelleux et aériens.

4. Façonner les beignets

Une fois la pâte bien levée, dégazez-la en appuyant dessus avec vos poings pour chasser l’air accumulé. Farinez généreusement votre plan de travail et étalez la pâte au rouleau sur une épaisseur d’environ 1 centimètre. N’hésitez pas à ajouter de la farine si la pâte colle trop. Avec un emporte-pièce rond de 6 à 8 centimètres de diamètre, découpez des disques réguliers. Vous pouvez également utiliser un verre retourné si vous ne possédez pas d’emporte-pièce. Rassemblez les chutes de pâte, pétrissez-les à nouveau et découpez d’autres beignets jusqu’à épuisement de la pâte.

5. Préparer la friture

Versez l’huile de friture dans votre friteuse ou dans une grande casserole à fond épais. L’huile doit atteindre une profondeur d’au moins 5 centimètres pour permettre aux beignets de flotter librement. Chauffez progressivement l’huile jusqu’à 170-175 degrés. Utilisez un thermomètre de cuisine pour vérifier la température avec précision. Si vous n’en possédez pas, plongez un petit morceau de pâte dans l’huile : il doit remonter rapidement à la surface en grésillant doucement, sans brunir instantanément. Une température trop élevée brûlerait l’extérieur en laissant l’intérieur cru, tandis qu’une température trop basse rendrait les beignets graisseux et lourds.

6. Cuire les beignets

Plongez délicatement 3 à 4 beignets à la fois dans l’huile chaude, sans surcharger la friteuse pour maintenir une température constante. Laissez-les cuire environ 2 minutes de chaque côté. Ils doivent se retourner naturellement dans l’huile ou vous pouvez les aider avec une écumoire. Surveillez attentivement la coloration : ils doivent prendre une belle teinte dorée uniforme. Lorsqu’ils sont cuits, retirez-les avec l’écumoire et déposez-les sur plusieurs épaisseurs de papier absorbant pour éliminer l’excès d’huile. Procédez ainsi par fournées successives jusqu’à ce que tous vos beignets soient frits.

7. Saupoudrer et servir

Pendant que les beignets sont encore tièdes, saupoudrez-les généreusement de sucre glace à l’aide d’une petite passoire fine ou d’un saupoudreur. Le sucre adhérera mieux sur la surface encore légèrement humide. Pour une version plus traditionnelle, vous pouvez également les rouler dans du sucre cristallisé classique. Disposez-les harmonieusement sur un plat de service et dégustez-les rapidement, idéalement dans les heures qui suivent leur préparation, lorsqu’ils conservent leur croustillant extérieur et leur moelleux intérieur.

Camille

Mon astuce de chef

Pour vérifier que votre huile est à la bonne température sans thermomètre, ma grand-mère utilisait une astuce infaillible : elle plongeait le manche d’une cuillère en bois dans l’huile chaude. Si de petites bulles régulières se formaient autour du bois, la température était parfaite pour la friture. Cette méthode ancestrale fonctionne remarquablement bien et évite les mauvaises surprises. Autre conseil précieux : ne jetez jamais les chutes de pâte après le découpage. Rassemblez-les, formez de petites boules irrégulières et faites-les frire telles quelles. Ces beignets informes, appelés parfois bugnes cassées, possèdent un charme rustique et une texture encore plus croustillante que leurs cousins bien découpés. Les enfants les adorent particulièrement pour leur forme amusante et leurs bords ultra-croustillants.

Accompagnements gourmands pour les beignets

Ces beignets de carnaval se marient à merveille avec un chocolat chaud onctueux préparé avec du vrai cacao et du lait entier. La combinaison du sucre glace et de l’amertume douce du chocolat crée un équilibre gustatif parfait. Pour les adultes, un café au lait généreusement servi constitue également un excellent accompagnement, rappelant les petits-déjeuners dominicaux d’autrefois.

Les amateurs de saveurs plus raffinées apprécieront un thé Earl Grey dont les notes bergamotées dialoguent harmonieusement avec le zeste de citron présent dans la pâte. En version festive, un cidre doux légèrement pétillant apporte une fraîcheur fruitée qui contraste agréablement avec la richesse de la friture. Pour les enfants, un verre de lait froid ou un jus d’orange fraîchement pressé complète parfaitement cette gourmandise traditionnelle.

L’info en plus

Les beignets de carnaval s’inscrivent dans une longue tradition culinaire européenne liée aux célébrations précédant le Carême. Dans de nombreuses régions françaises, ces pâtisseries frites portent des noms différents : bugnes à Lyon, merveilles dans le Sud-Ouest, oreillettes en Provence, ou encore bottereaux en Vendée. Malgré ces appellations variées, le principe reste identique : utiliser les derniers œufs, beurre et sucre de la maison avant la période d’abstinence.

Cette tradition remonte au Moyen Âge, époque où l’Église catholique imposait un jeûne strict durant les quarante jours précédant Pâques. Les familles préparaient donc ces gourmandises pour profiter une dernière fois des produits gras (terme désignant les aliments riches interdits pendant le Carême). Le mardi gras, dernier jour avant le début du jeûne, donnait lieu à de véritables festins où ces beignets occupaient une place d’honneur.

La recette de ma grand-mère intègre du rhum et du zeste de citron, des ajouts caractéristiques des versions méridionales. Dans d’autres régions, on parfume la pâte à l’eau de fleur d’oranger, à la vanille ou même à l’anis. Certaines familles y incorporent également de la crème fraîche pour une texture encore plus fondante. Ces variations témoignent de la richesse du patrimoine gastronomique français et de la capacité des recettes à s’adapter aux terroirs et aux goûts locaux tout en conservant leur essence festive.

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