Le far breton s’impose comme l’une des pâtisseries les plus emblématiques de Bretagne. Cette spécialité gourmande, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis, séduit par sa texture dense et fondante parsemée de pruneaux moelleux. Contrairement aux idées reçues, sa préparation ne requiert aucune compétence technique particulière. La réussite de ce dessert repose essentiellement sur le respect des proportions et la maîtrise de la cuisson. Traditionnellement servi lors des fêtes familiales bretonnes, le far breton conquiert aujourd’hui les tables de toute la France grâce à sa simplicité d’exécution et son goût authentique qui rappelle les saveurs d’antan.
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50
facile
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Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparation des pruneaux
Commencez par faire tremper les pruneaux dans le rhum ambré pendant au moins 30 minutes avant de débuter la recette. Cette étape permet aux fruits de s’imprégner des arômes alcoolisés et de devenir encore plus moelleux. Si vous préparez votre far à l’avance, vous pouvez laisser macérer les pruneaux plusieurs heures, voire toute une nuit au réfrigérateur. Égouttez-les légèrement avant utilisation en conservant le rhum restant pour parfumer la pâte.
2. Préparation du beurre
Faites fondre le beurre demi-sel dans une petite casserole à feu très doux ou au micro-ondes par intervalles de 20 secondes. Laissez-le tiédir complètement avant de l’incorporer à la préparation. Un beurre trop chaud risquerait de cuire les œufs et de créer des grumeaux dans votre appareil. Le beurre demi-sel apporte cette touche salée caractéristique des desserts bretons qui équilibre parfaitement la douceur du sucre.
3. Mélange des ingrédients secs
Dans un grand saladier, versez la farine tamisée (passée au tamis pour éliminer les grumeaux) avec le sucre en poudre et la pincée de sel fin. Mélangez ces ingrédients secs à l’aide d’un fouet manuel pour bien les répartir uniformément. Cette étape préliminaire garantit une répartition homogène des ingrédients et évite la formation de grumeaux lors de l’ajout des liquides.
4. Incorporation des œufs
Cassez les quatre œufs dans un bol séparé pour vérifier leur fraîcheur, puis ajoutez-les au mélange de farine et sucre. Fouettez énergiquement au centre du saladier en formant d’abord une pâte épaisse, puis élargissez progressivement vos mouvements circulaires. Cette technique permet d’incorporer graduellement la farine sans créer de grumeaux. Continuez de fouetter jusqu’à obtenir une préparation lisse et homogène.
5. Ajout du lait
Versez le lait entier en trois fois tout en fouettant constamment. L’ajout progressif du lait constitue le secret d’une pâte parfaitement lisse. Commencez par verser environ un tiers du lait, fouettez jusqu’à incorporation complète, puis ajoutez le deuxième tiers, fouettez à nouveau, et terminez avec le reste du lait. La consistance finale doit ressembler à celle d’une pâte à crêpes légèrement plus épaisse.
6. Parfumage de l’appareil
Incorporez l’extrait de vanille et le beurre fondu tiède à la préparation. Ajoutez également le rhum d’égouttage des pruneaux pour intensifier les saveurs. Mélangez délicatement au fouet jusqu’à ce que tous les ingrédients soient parfaitement amalgamés. Laissez reposer cette pâte pendant 15 minutes à température ambiante. Ce temps de repos permet à la farine de s’hydrater complètement et garantit une texture plus onctueuse après cuisson.
7. Préparation du moule
Préchauffez votre four à 180°C en chaleur tournante. Beurrez généreusement votre moule rectangulaire en porcelaine sur toute sa surface, y compris les bords. Utilisez du beurre mou que vous étalerez avec un pinceau de cuisine ou un papier absorbant. Cette opération empêche le far de coller aux parois et facilite grandement le démoulage une fois refroidi.
8. Disposition des pruneaux
Répartissez les pruneaux égouttés au fond du moule beurré de manière harmonieuse. Vous pouvez les disposer en rangées régulières pour un rendu esthétique ou les éparpiller de façon aléatoire selon votre préférence. Veillez à ce qu’ils soient bien espacés pour que chaque part contienne des fruits. Certains cuisiniers préfèrent couper les pruneaux en deux pour faciliter le service.
9. Versement de l’appareil
Versez délicatement la pâte sur les pruneaux en commençant par les bords du moule puis en progressant vers le centre. Cette technique évite de déplacer les fruits que vous avez soigneusement disposés. La pâte doit recouvrir complètement les pruneaux qui remonteront légèrement à la surface pendant la cuisson. Tapotez doucement le moule sur le plan de travail pour éliminer les éventuelles bulles d’air emprisonnées.
10. Cuisson au four
Enfournez le moule sur la grille du milieu du four préchauffé pour une cuisson de 50 minutes. La surface du far doit prendre une belle coloration dorée et la lame d’un couteau insérée au centre doit ressortir propre. La cuisson lente à température modérée garantit une texture fondante à cœur sans dessèchement des bords. Surveillez la coloration en fin de cuisson et n’hésitez pas à couvrir le dessus d’une feuille d’aluminium si le far brunit trop rapidement.
11. Refroidissement et démoulage
Sortez le far du four et laissez-le refroidir complètement dans son moule pendant au moins 2 heures à température ambiante. Cette étape de refroidissement s’avère cruciale car le far continue de se raffermir en refroidissant. Un démoulage prématuré risquerait de briser votre préparation. Une fois totalement refroidi, vous pouvez le démouler ou le servir directement dans son plat de cuisson pour un rendu plus rustique et authentique.
Mon astuce de chef
Pour obtenir un far breton à la texture parfaite, respectez scrupuleusement le temps de refroidissement complet avant de le découper. Cette patience permet à la structure de se stabiliser et d’éviter que les parts ne s’effondrent. Si vous préférez une version moins sucrée, réduisez la quantité de sucre à 100 grammes sans compromettre la texture. Pour un far encore plus gourmand, vous pouvez ajouter une cuillère à soupe de sucre vanillé dans la pâte ou saupoudrer légèrement de sucre glace avant de servir.
Accompagnements traditionnels bretons
Le far breton se marie traditionnellement avec un cidre breton demi-sec bien frais qui apporte une touche de légèreté et contraste agréablement avec la densité du dessert. Pour une version plus festive, optez pour un lambig (eau-de-vie de cidre bretonne) servi en digestif. Les amateurs de boissons chaudes apprécieront un café corsé ou un thé noir nature qui équilibre parfaitement la douceur du far. Pour les enfants, un verre de lait froid ou un chocolat chaud constitue un accord classique et réconfortant.
L’info en plus
Le far breton trouve ses origines au XIXe siècle dans les campagnes bretonnes où il constituait un dessert économique préparé avec les ingrédients du quotidien. Son nom provient du latin farinam signifiant farine, ingrédient principal de cette préparation rustique. Initialement, le far ne contenait pas de pruneaux et ressemblait davantage à une bouillie de farine cuite au four. L’ajout des pruneaux est apparu plus tardivement, probablement au début du XXe siècle, transformant ce dessert modeste en gourmandise appréciée. Chaque région de Bretagne possède sa propre version avec des variantes incluant parfois des raisins secs à la place des pruneaux. Le far breton traditionnel se distingue du flan parisien par sa texture plus dense et son goût plus prononcé de beurre salé, signature incontournable de la pâtisserie bretonne.



