Dans les trattorias italiennes, un plat fait l’unanimité depuis des générations : le poulet à la cacciatora. Cette recette traditionnelle, dont le nom signifie littéralement « à la manière du chasseur », transforme de simples morceaux de volaille en un festin mijoté aux saveurs méditerranéennes. Tomates fondantes, herbes aromatiques, vin blanc et une pointe d’ail composent une sauce onctueuse qui enrobe tendrement la viande. Contrairement au poulet rôti classique qui demande une surveillance constante, la cacciatora se prépare dans une seule cocotte et mijote tranquillement, libérant des arômes irrésistibles. Ce plat rustique et généreux incarne la cucina povera, cette cuisine paysanne italienne qui sublime des ingrédients simples par des techniques ancestrales. Parfait pour un dimanche en famille, il ravira vos convives tout en vous laissant profiter de leur compagnie plutôt que de rester collé au four.
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facile
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer les ingrédients
Sortez les morceaux de poulet du réfrigérateur 20 minutes avant de commencer, car une viande à température ambiante cuit de façon plus homogène. Épongez-les soigneusement avec du papier absorbant pour retirer toute humidité, ce qui permettra d’obtenir une belle coloration dorée. Salez et poivrez généreusement chaque morceau, puis saupoudrez-les légèrement de farine en tapotant pour retirer l’excédent. Cette fine pellicule de farine va créer une croûte croustillante et épaissir naturellement la sauce. Émincez finement les oignons, coupez le poivron en lanières d’environ 2 centimètres de largeur, et hachez grossièrement les gousses d’ail.
2. Colorer le poulet
Dans votre cocotte en fonte, faites chauffer 3 cuillères à soupe d’huile d’olive à feu moyen-vif. Lorsque l’huile commence à frémir légèrement, déposez délicatement les morceaux de poulet sans les superposer. Laissez-les dorer pendant 4 à 5 minutes sans les bouger, ce qui permet à la réaction de Maillard (cette transformation chimique qui crée les saveurs grillées) de s’opérer correctement. Retournez ensuite chaque morceau avec une pince et poursuivez la coloration 4 minutes supplémentaires. Le poulet doit arborer une belle teinte dorée sans être cuit à cœur. Retirez les morceaux et réservez-les dans une assiette.
3. Préparer la base aromatique
Dans la même cocotte, sans la nettoyer pour conserver les sucs de cuisson, ajoutez la cuillère à soupe d’huile d’olive restante. Faites revenir les oignons émincés pendant 5 minutes à feu moyen en remuant régulièrement avec une cuillère en bois. Ils doivent devenir translucides et légèrement dorés. Ajoutez les lanières de poivron et poursuivez la cuisson 3 minutes. Incorporez l’ail haché et laissez-le libérer ses arômes pendant 1 minute en surveillant qu’il ne brûle pas, car un ail brûlé donnerait une amertume désagréable au plat.
4. Déglacer au vin blanc
Versez le vin blanc sec dans la cocotte et augmentez légèrement le feu. Grattez énergiquement le fond avec votre cuillère en bois pour décoller tous les sucs caramélisés, cette opération s’appelle le déglaçage et elle apporte une profondeur de goût incomparable. Laissez le vin réduire de moitié pendant environ 3 minutes, l’alcool va s’évaporer en ne laissant que les arômes fruités et la vivacité du vin.
5. Assembler la sauce
Ajoutez les tomates pelées avec leur jus en les écrasant grossièrement avec votre cuillère. Incorporez le concentré de tomates, l’origan, le romarin et les feuilles de laurier. Mélangez soigneusement pour obtenir une préparation homogène. Assaisonnez avec une pincée de sel et quelques tours de moulin à poivre. Portez la sauce à frémissement, vous devez voir de petites bulles se former régulièrement à la surface.
6. Mijoter le poulet
Replacez les morceaux de poulet dans la cocotte en les enfonçant légèrement dans la sauce. Ajoutez les olives noires et les câpres égouttées qui apporteront une touche méditerranéenne savoureuse. Couvrez la cocotte avec son couvercle et réduisez le feu au minimum. Laissez mijoter doucement pendant 40 minutes en retournant les morceaux à mi-cuisson. La viande doit devenir extrêmement tendre et se détacher facilement de l’os. Si la sauce vous semble trop liquide, retirez le couvercle les 10 dernières minutes pour permettre l’évaporation.
7. Finaliser et rectifier
Vérifiez la cuisson en piquant la partie la plus épaisse d’un morceau : le jus qui s’écoule doit être parfaitement clair. Goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire en ajoutant sel et poivre selon votre préférence. Retirez les feuilles de laurier qui ont transmis leurs arômes. Laissez reposer la cacciatora 5 minutes hors du feu avant de servir, ce temps de repos permet aux saveurs de se fondre harmonieusement.
Mon astuce de chef
Pour une sauce encore plus onctueuse, ajoutez une noix de beurre froid en fin de cuisson et mélangez vigoureusement : cette technique du montage au beurre apporte brillance et velouté. Si vous préférez une version plus rustique avec des morceaux de légumes visibles, coupez-les en plus gros dés. La cacciatora se bonifie en refroidissant : n’hésitez pas à la préparer la veille et à la réchauffer doucement, les saveurs n’en seront que meilleures.
Accords mets-vins
Cette préparation italienne généreuse appelle un vin rouge de caractère mais sans excès de tanins. Un Chianti Classico toscan constitue l’accord régional parfait, ses notes de cerise et d’épices complétant admirablement les tomates et les herbes. Pour une alternative française, optez pour un Côtes-du-Rhône Villages aux arômes de garrigue qui rappelleront le romarin et l’origan. Les amateurs de vins plus légers apprécieront un Bardolino de Vénétie, frais et fruité. Servez ces vins légèrement rafraîchis entre 16 et 18 degrés pour exalter leur fraîcheur.
L’info en plus
La cacciatora trouve ses origines dans les collines toscanes et ombriennes où les chasseurs préparaient le gibier fraîchement abattu avec les ingrédients disponibles : tomates du potager, herbes sauvages et vin de la récolte familiale. Chaque région italienne possède sa version : en Toscane, on ajoute des anchois pour plus d’umami (cette saveur savoureuse et profonde), tandis qu’en Campanie, on privilégie les poivrons et le piment. Cette recette s’inscrit dans la tradition de la cucina povera, cette cuisine paysanne ingénieuse qui transforme des ingrédients modestes en plats mémorables grâce à des techniques de cuisson lente. Aujourd’hui, la cacciatora figure au patrimoine gastronomique italien et se transmet de génération en génération, chaque famille y apportant sa touche personnelle.



